Relations sexuelles durant le Ramadan : règles, permissions et expiations
La question de l’intimité conjugale durant le mois de Ramadan est une préoccupation fréquente pour les couples. La législation religieuse établit une distinction nette entre les périodes de jeûne et les phases nocturnes, encadrant strictement les comportements pour préserver la sacralité du mois. Comprendre ces règles permet d’aborder cette période avec sérénité tout en respectant les impératifs du jeûne.
Le cadre temporel : distinction entre journée et nuit
Le principe fondamental du jeûne durant le Ramadan est l’abstinence. Cette règle s’applique à la nourriture, à la boisson, mais également aux relations sexuelles, dès l’entrée de l’aube jusqu’au coucher du soleil.
L’interdiction durant la journée de jeûne
Durant les heures où le jeûne est obligatoire, toute relation sexuelle est formellement interdite. Cette restriction est absolue : tout rapport accompli délibérément pendant la journée annule le jeûne en cours et entraîne des conséquences religieuses sérieuses. Cette interdiction vise à maintenir la concentration spirituelle et la discipline personnelle requises par le jeûne.
La permission accordée durant les nuits
L’intimité conjugale est permise durant les nuits du Ramadan, entre la rupture du jeûne au coucher du soleil et l’apparition de l’aube. Il convient simplement de s’assurer de procéder au bain rituel (ghusl) avant l’entrée de la prière de l’aube (Fajr) pour débuter la journée de jeûne en état de pureté.
Les conséquences d’une transgression : l’expiation
Si un couple transgresse l’interdit en ayant un rapport sexuel délibéré pendant la journée de jeûne, une expiation (Kaffara) est obligatoire. Cette réparation suit un ordre précis défini par la jurisprudence islamique.
L’ordre des expiations
L’expiation se décline en trois étapes hiérarchisées :
- L’affranchissement d’un esclave (non applicable dans le contexte actuel).
- Le jeûne de deux mois consécutifs.
- Le nourrissage de soixante pauvres.
Si la personne est incapable de jeûner deux mois de suite pour des raisons de santé valables, elle doit passer à la troisième option : nourrir soixante personnes démunies. La quantité de nourriture à distribuer est généralement estimée à un mudd par personne, soit environ 750 grammes de denrées de base comme le riz, le blé ou les dattes.
Tableau récapitulatif : statuts et règles d’intimité
| Période | Statut | Conséquence |
|---|---|---|
| Journée (aube au coucher du soleil) | Interdit | Rupture du jeûne + Expiation obligatoire |
| Nuit (coucher du soleil à l’aube) | Permis | Aucune |
Nuances et zones grises de l’intimité
La loi religieuse distingue les actes selon leur nature et leur potentiel à mener à la transgression. Les baisers, les caresses et les étreintes légères, s’ils ne mènent pas à une éjaculation ou à un rapport sexuel, ne rompent pas le jeûne. Toutefois, la prudence est recommandée : si une personne sait que de tels gestes l’entraîneront vers l’acte sexuel, elle doit les éviter pour ne pas compromettre son jeûne. Il s’agit d’un exercice de maîtrise de soi, où l’individu doit agir en fonction de sa capacité à contenir ses pulsions.
Questions fréquentes sur l’expiation
La majorité des oulémas soutiennent que l’expiation doit être effectuée en nourriture et non par un paiement en espèces. Une minorité, notamment au sein de l’école hanafite, permet le paiement en argent si cela est plus bénéfique pour le pauvre. Il est recommandé de consulter une instance religieuse locale pour obtenir un avis adapté à votre situation.
Si la transgression est répétée sur plusieurs journées différentes, chaque journée nécessite une expiation distincte. La répétition de l’acte au cours d’une même journée ne multiplie pas nécessairement l’expiation, bien que la question reste débattue selon l’intention et le repentir de l’individu.



